L’enquête publique sur l’entrée nord de la ville est terminée

L’enquête publique est une étape obligatoire dans tout projet d’urbanisme.L’enquête publique est une étape obligatoire dans tout projet d’urbanisme.(MIKAËL ANISSET)

Georges Firmin, vous êtes commissaire enquêteur. Pouvez-vous nous en dire plus sur cette mission ?

C’est un collaborateur occasionnel des services de l’État. Il est agréé par le tribunal administratif et la préfecture, de Nîmes en l’occurrence, puisqu’on se situe dans le Gard. On en compte environ 120 dans le département.

Quand fait-on appel à vos services ?

Lorsqu’il y a un projet d’urbanisme ou un projet pouvant porter atteinte à l’environnement, une enquête publique est organisée par le préfet parallèlement à la consultation des services concernés. Généralement, les commissaires enquêteurs sont désignés par le tribunal administratif mais peuvent l’être aussi par le préfet ou le maire selon le type d’enquête.

Quel est votre rôle ?

Premièrement, de prendre connaissance du dossier en question. Deuxièmement, de s’entretenir éventuellement et si besoin avec les personnes qui ont établi le dossier. Troisièmement, il organise l’enquête avec la préfecture ou le maire si cela concerne un dossier d’urbanisme. Quatrièmement, il peut organiser sous sa présidence une réunion publique si elle est demandée par les élus ou les services. Cinquièmement, il tient des permanences pendant l’enquête où le dossier peut être publiquement consulté. Un registre est également mis à la disposition des habitants s’ils souhaitent émettre des observations.

Quelle est la durée d’une enquête publique ?

Une enquête publique peut durer entre 15 jours et un mois minimum avec possibilité de la rallonger pour des raisons justifiées et motivées. À la fin, le commissaire enquêteur doit émettre un avis. La décision finale revient au préfet qui prend un arrêté acceptant ou refusant le projet.

Pierre Morel A l’Huissier: “Assouplir les normes car elles ne différencient pas les territoires”

Pierre Morel A l'Huissier: "Assouplir les normes car elles ne différencient pas les territoires"

La mission nationale sur la ruralité que vous a confié le président de la République fin octobre, devait s’achever le 30 décembre mais est finalement prolongée jusqu’au 30 janvier. Pourquoi ?

Le délai était très contraint. Entre la lettre de mission, le choix des dix collaborateurs qui devaient m’accompagner sur cette question, les quatre mille courriers à envoyer, les réunions de cadrage avec l’Inspection générale, Matignon et l’Élysée, je n’ai pu commencer à me déplacer que le 20 novembre. Mais on a déjà fait beaucoup en peu de temps.

La prolongation me permettra d’approfondir mon approche des territoires. Puis, le 12 janvier, une réunion interministérielle est organisée à l’Élysée sur le sujet.

Le thème que vous allez développer aujourd’hui dans le Gard est la simplification des normes en milieu rural, ce qui est en quelque sorte le leitmotiv de votre mission. Expliquez-nous…

Les problèmes rencontrés dans les communes rurales ne sont pas forcément politiques. La difficulté pour une société moderne comme la nôtre, c’est d’avoir 400 000 normes à appliquer et 8 000 lois. La norme est générale et impersonnelle, elle ne différencie pas les territoires. Par exemple, vous construisez une salle polyvalente dans une commune de 100 habitants. Il a y tout un tas de normes de sécurité à respecter. Des critères disproportionnés par rapport au budget de la commune. C’est ce qu’on appelle le pouvoir normatif. Il faut donc assouplir, déroger et nous sommes en train de voir cela avec le Conseil d’État.

Mais comment assouplir sans modifier la législation ?

Le fonctionnaire applique des normes et, au nom du principe de précaution, ne peut pas assouplir. Si on donne aux préfets le moyen de le faire dans un cadre bien défini, c’est possible. Mais c’est une révolution.

D’ailleurs, je pense qu’une des premières mesures qui sera prise en considération sera la création d’une cellule de concertation auprès des préfets. Prenez le cas des cascades du Sautadet à La Roque. Certains services de l’État disent qu’il faut fermer, les monuments historiques disent non. Il n’y a personne pour coordonner et le maire doit composer avec cette non-réponse. Une cellule d’arbitrage interservices pourra répondre.

Combien de mesures pensez-vous préconiser ?

Nous en avons 800. Législatives, réglementaires, budgétaires. Mais je voudrais pouvoir présenter un rapport de 100 pages avec 100 mesures immédiates. Comme créer un relais multiservices publics dans chacun des 3 000 chefs-lieux concernés par la problématique de la ruralité. Rien qu’avec cette mesure, on règle 70 % des problèmes. Il faut qu’on ait une administration d’accompagnement, pas de contrôle.

Dérapages chez les pompiers en grève depuis une semaine

Un camion bloque l'entrée de la caserne.Un camion bloque l’entrée de la caserne.(Phoro ALEXIS BETHUNE)

Le Service départemental d’incendie et de secours (Sdis) a déposé une plainte hier pour des faits qui se sont produits dans la nuit de vendredi à samedi.

Dans l’après-midi, les accès des bureaux administratifs de la caserne de pompiers d’Alès avaient déjà été bloqués et des serrures enduites de colle. Dans la nuit, une cuisinière et un micro-onde ont été jetés dans la cour. L’arrivée de gaz n’a pas été fermée et c’est la sécurité automatique qui a coupé l’alimentation.

Des “actes de délinquance”, selon le président du Sdis, Alexandre Pissas.

Les pompiers sont en grève depuis le 2 janvier et réclament une revalorisation du ticket repas.

Au Pont du Gard, le Groupe F met le feu à la saison nouvelle

L’an dernier, 21 000 curieux pour les premiers Feux d’hiver.L’an dernier, 21 000 curieux pour les premiers Feux d’hiver.(Archives FABRICE ANDRÈS)

Demain, 18 heures, boum ! Le Groupe F, comme l’an dernier, est l’acteur d’un départ lumineux pour la saison des spectacles au Pont du Gard.

Cela s’appelle désormais Feux d’hiver. Ce spectacle pyrotechnique est rallongé de cinq minutes par rapport à l’édition 2011, soit une prestation de vingt minutes sur le thème des cultures méditerranéennes, en hommage à leurs musiques et aux événements du printemps 2011. Le budget, comprenant le contrat avec le Groupe F et les animations tourne autour de 36 000 €.

L’an dernier, cette manifestation avait attiré près de 21 000 personnes sur le site. Cette affluence avait généré quelques embouteillages à Remoulins, qu’il faut éviter cette fois en prenant place à l’avance. Arriver avec un quart d’heure de retard à un spectacle de vingt minutes, c’est dommage…

Tout est conçu pour que ce déplacement se fasse en famille, sur l’après-midi. Différents spectacles de musiciens, animations et marché sucré démarrent dès 14 h 30 (rives gauche et droite), suivis d’un concert des Traîne-savates à 17 heures (rive droite). C’est l’entrée en matière

Le spectacle du Groupe F est un autre monde. Pour sa première édition, il s’était étalé dans le site et développé dans le lit du Gardon, mêlant artifices et personnages lumineux. Il avait surpris par les ambiances sonores. Cette nouvelle édition verra une autre création, dont on sait peu de chose. Le Groupe F aime surfer sur sa réputation pour surprendre. N’attendons rien de classique.

Pratique : Forfait 18 € par jour et par véhicule (maximum cinq personnes). Gratuit pour les abonnés (23 € par an). Possibilité de restauration sur les deux rives. Accès uniquement rive droite à partir de 17 h 30. Le passage sur le pont sera fermé de 17 h 30 à 18 h 30. Prévoir des vêtements chauds et des petits coussins pour le spectacle du soir. 

Elle refuse d’enlever sa burka à la Ferme aux crocos

Une jeune femme a refusé de montrer son visage à la ferme aux crocodiles.Une jeune femme a refusé de montrer son visage à la ferme aux crocodiles.( MIKAEL ANISSET)

Jeudi, le juge de proximité de Montélimar (Drôme) a condamné une jeune femme de 20 ans à une amende de 100 € pour le “port d’une tenue destinée à dissimuler son visage dans un espace public”.

Les faits remontent au 1er octobre. La jeune femme vient en visite à la Ferme aux crocos de Pierrelatte, et portait un vêtement noir, recouvrant intégralement son corps, des gants, ainsi qu’une grille de tissu ne permettant pas de distinguer son visage.

Les employés de la ferme ont averti la gendarmerie de Pierrelatte. Lors du contrôle d’identité, elle a à nouveau refusé de montrer son visage aux militaires et c’est une employée du site qui a contrôlé qu’il s’agissait bien d’elle sur la carte d’identité présentée.

Jeudi, elle ne s’est pas présentée à l’audience et a été jugée malgré son absence. Elle a été condamnée à une amende de 100 €, mais aussi à participer à un stage de citoyenneté, qu’elle effectuera chez elle, en Isère.

Le beau chèque de l’ARS au centre hospitalier

Le directeur Philippe Péridont s’est félicité du cadeau de l’Agence régionale de santé.Le directeur Philippe Péridont s’est félicité du cadeau de l’Agence régionale de santé.(Photo MIKAËL ANISSET)

L’année 2012 sera placée sous le signe de la continuité. C’est la ligne de conduite tracée hier par le directeur de l’hôpital Philippe Péridont lors de la traditionnelle cérémonie de vœux.

Philippe Péridont avait un large sourire. Il est vrai qu’il a reçu un sacré cadeau de l’Agence régionale de santé (ARS) pendant les fêtes de fin d’année. Sa directrice, Martine Aoustin, lui a annoncé le déblocage d’une enveloppe de 3M€ pour financer le futur plateau technique commun de chirurgie (15M€) qui permettra de centraliser l’ensemble de l’activité du territoire sur le site hospitalier : “C’est quelque chose d’inattendu dans son ampleur”, disait Philippe Péridont.

L’année 2012 sera également marquée par l’inauguration du nouveau pôle femme – mère – enfant et de la nouvelle pharmacie à la fin du premier semestre : “Cela va démontrer dans les faits ce que seront bientôt, en 2014, tous les services d’hospitalisation du centre hospitalier.”

Philippe Péridont a également rappelé la mise en place, mi-2012, de trente lits et quinze places de soins de suite et de réadaptation en partenariat avec la clinique La Garaud : “Le permis de construire est actuellement en instance auprès des services de la ville pour la construction du plateau technique de rééducation d’un coût de 2M€.”

Le directeur du centre hospitalier bagnolais a aussi insisté sur l’achèvement du déploiement du dossier patient informatisé (DPI) qui permettra d’approfondir l’utilisation de la messagerie sécurisée avec les médecins de ville correspondants.

Au-delà de ces concrétisations, d’autres projets seront portés pour façonner le centre hospitalier de demain. Ainsi la dernière version du Projet régional de santé (PRS) apporte des perspectives très positives.

Philippe Péridont a parlé de “la confirmation de nos autorisations d’activités” (médecine d’urgence, cancérologie, néonatalogie, soins intensifs de cardiologie, surveillance continue), “d’une IRM fixe d’ici 12 à 18 mois”, “la perspective d’une extension des capacités du Camsp” (centre d’action médico-sociale précoce), “la reconnaissance d’une autorisation de chirurgie cancérologique urologique en partenariat avec le CHU de Nîmes” et “la perspective d’une extension de nos capacités de lits de soins de longue durée.”

Toutes ces démarches s’inscrivent bien évidemment dans une participation pleine et entière à la Communauté hospitalière de territoire “Cévennes – Gard – Camargue”.

“Ces projets majeurs se retrouveront au cœur du futur projet d’établissement 2013-2017 du Centre hospitalier de Bagnols-sur-Cèze auxquels nombre de personnels vont prendre part et dont l’élaboration va être un moment fort de ces prochains mois”, assurait Philippe Péridont.

Hier, il semblait surfer sur la vague : “Le centre hospitalier est en mouvement. Ce mouvement est porteur de développement, de modernisation, au profit d’une meilleure offre de soins et d’une réelle qualité de prise en charge de la population.”

Tout semble donc aller pour le mieux dans le meilleur des mondes à l’hôpital de Bagnols.

L’usine CFO tient le choc face aux Chinois

CFO crée et fabrique les matrices qui vont ensuite permettre de réaliser des pièces en grande série.CFO crée et fabrique les matrices qui vont ensuite permettre de réaliser des pièces en grande série.(Photo JEAN-FRANÇOIS GALLIER)

L’outil industriel français a été particulièrement chamboulé par la mondialisation et la crise n’a rien arrangé. À Anduze, CFO tire son épingle du jeu et se permet même de reprendre des clients partis en Chine faire fabriquer leur produit.

L’entreprise cévenole est spécialisée dans les moules à injection ainsi que la découpe et l’emboutissage. La société installée à la zone artisanale de Labahou, à Anduze, réalise des moules qui sont ensuite placés sur les presses des unités de fabrication de nombreux produits. Des pièces à l’unité, créées de la conception jusqu’à la réalisation, sans oublier la mise au point. Ces blocs d’acier permettront ensuite, par exemple, de produire en grande série des essuie-glaces pour l’industrie automobile, des pièces pour la filière médicale, agricole, la plongée sous-marine…

CFO a ainsi conçu dernièrement la matrice de fabrication d’un couvercle destiné à une célébrissime marque de cacao en poudre. Ou encore à fabriquer les éthylotests de Contralco à Gignac. La société compte parmi ses clients des entreprises travaillant pour Audi, Airbus, Schneider ou l’industrie nucléaire. “Nos clients, dans 9 cas sur 10, sont des sous-traitants de l’industrie. Nous sommes le seul outilleur dans un rayon de 200 km. Et dans le domaine du moule d’injection, nous sommes à peu près incontournables. Depuis quatre ans, nous avons gagné des clients pied à pied. Dans ce rayon de 200 km, nous les avons à peu près tous”, explique Christian Barberis, gérant de CFO.

“Des clients qui se tournaient vers la Chine nous font confiance”

Dans le secteur de la découpe et de l’emboutissage, la société anduzienne se permet d’aller chercher ses clients plus loin, “jusqu’à Besançon, qui est La Mecque dans ce domaine. Le client nous donne le plan de la pièce qu’il veut et nous concevons l’outillage pour la fabriquer”, explique Christian Barberis.

Le Cévenol a repris la société en 2007 et a réussi à la développer. Avec 6 salariés, CFO réalise un chiffre d’affaires de 700 000 €, en hausse cette année. “Nous avons convaincu des clients qui voulaient se tourner vers la Chine de nous faire confiance en mettant en avant notre réactivité et la proximité. Ce n’est pas évident de travailler à 12 000 km avec des gens qui n’ont pas la même langue ni la même culture. Un moule chinois coûte 20 à 30 % de moins mais le temps de réaction est long si des modifications sont nécessaires”, précise Christian Barberis.

Même si le Cévenol ne croit pas que la crise économique soit finie et encore moins passagère, le gérant de CFO estime que son secteur a de belles perspectives, surtout après une année 2010 meurtrière. “Dans notre domaine d’activité, 30 % des entreprises ont mis la clé sous la porte en France”, confie le gérant de CFO. Qui reste confiant puisque la société prévoit un investissement de 250 000 € pour moderniser l’outil et créer un nouveau centre d’usinage, avec l’embauche d’un technicien supplémentaire.

Le chantier de la grande digue est prévu pour 2012

Le maire a listé les projets.Le maire a listé les projets.(© D.R)

Dans la petite commune de Codolet, 2012 s’annonce très riche en projets. Le maire et président de la communauté de communes Cèze sud, Serge Boissin, en a donné la primeur hier à ses administrés lors de la traditionnelle cérémonie des vœux. Opérant au préalable un petit retour sur 2011, qui s’est achevé sur la commune par le choix des entreprises pour les travaux de construction de la maison des associations. Le chantier a d’ailleurs démarré le 3 janvier dernier. Surtout, la municipalité a poursuivi l’achat de terrains pour la réalisation du projet de la grande digue. “Si tout va bien, a précisé le maire, le premier coup de pioche devrait être donné avant la fin de l’année”. Dix ans après les inondations.

Selon le premier édile, les travaux devraient durer deux ans pour un montant prévisionnel de 13 M€, financés à 80 % par la commune de Codolet. Serge Boissin a formulé un souhait : “Si vous êtes favorables au projet, il faut impérativement venir le mentionner”, sur le registre disposé à la mairie. Une nouvelle enquête publique au titre du code de l’environnement vient d’être lancée par le préfet du Gard, après celle qui s’était déjà déroulée du 15 juillet au 21 août 2009 et qui portait sur le tracé de la digue. Depuis le 5 janvier et jusqu’au 7 février, les habitants de Codolet et Chusclan peuvent s’exprimer. Le commissaire enquêteur se rendra à Chusclan le 7 février de 14 h à 17 h.

Autre chantier pour 2012, plus politique celui-là, la construction de la future agglo. Serge Boissin a été choisi pour mener la commission finances et compétences. À ce sujet, le président de Cèze sud s’est exprimé sans ménagement : “Dès sa création, nous ne serons plus maîtres des rentrées d’argent sur les taxes qui augmenteront obligatoirement. À terme, toutes les communes seront à la même enseigne. Même les villages gaulois rebelles que nous sommes avec Chusclan”. Il a néanmoins entériné une cohérence géographique : “Ce territoire constitue l’un des pôles économiques les plus importants de la Région en raison de la filière nucléaire, des activités industrielles importantes et de la filière agricole de très grande qualité”.

Un an de prison avec sursis requis contre un ex-dirigeant d’Arles-Avignon

Douze mois de prison avec sursis et 40.000 euros d’amende ont été requis contre l’ex-directeur sportif d’Arles-Avignon, jugé mercredi par le tribunal correctionnel de Marseille pour “tentative de corruption” quand le club était en National, a annoncé l’avocat de la FFF.

La précocité intellectuelle a sa place dans les classes

Un des objectifs du réseau est de favoriser l’intégration de l’élève intellectuellement précoce dans sa classe.Un des objectifs du réseau est de favoriser l’intégration de l’élève intellectuellement précoce dans sa classe.(Archive)

L’un maîtrise le théorème de Pythagore sans savoir lire l’heure sur une horloge à aiguilles. Un autre explique ce qu’est le boson de Higgs mais ne sait toujours pas nouer ses lacets.

Ainsi, être un élève intellectuellement précoce (EIP) et développer des difficultés dans certains apprentissages n’est pas, dans les faits, contradictoire. C’est simplement le quotidien d’une population d’enfants qui, jusqu’à la fin du XXe siècle, n’était pas vraiment prise en compte dans les pays francophones alors que, chez les anglophones, les travaux du psychologue américain Lewis Terman avaient depuis longtemps fait des émules.

En fait, dans l’Hexagone, il faudra attendre février 2001 et une lettre de mission de Jack Lang, à l’époque ministre de l’Éducation nationale, pour qu’une enquête soit menée dans ce domaine. C’est Jean-Pierre Delabeau, inspecteur d’académie en région parisienne, qui est chargé de rédiger un rapport. Lequel, publié en janvier 2002, fait aujourd’hui office de livre blanc, notamment depuis la circulaire 2009 du 12-11-2009 sur la reconnaissance de la prise en compte des élèves intellectuellement précoces dans le cadre de modules de formation.

Et c’est sur ce rapport Delabeau que Myriam Manifacier, inspectrice pédagogique régionale, s’est appuyée pour créer en 2010, à la demande du recteur de l’académie de Montpellier, “un réseau avec des relais dans chaque département”.

Réseau auquel sont associés des médecins de la protection maternelle et infantile (PMI) et des psychologues scolaires. Car, une fois l’EIP repéré, l’idée est d’établir un diagnostic, les troubles associés pouvant conduire à l’échec scolaire. Explications de Myriam Manifacier : “Ce sont des enfants qui ont besoin, pour apprendre, d’un niveau de complexité suffisant. Ils butent souvent sur l’élémentaire. Surdotés intellectuellement, ils font preuve d’une lucidité étourdissante mais ont du mal à classer, à argumenter. Par ailleurs, dans leurs relations aux autres, ils sont trop grands pour être avec des petits et trop petits pour être avec des grands. Ils peuvent donc être en bute à l’hostilité. En clair, il faut leur faire prendre l’escalier à l’envers. Tandis que les autres gravissent les marches, on doit faire redescendre pas à pas les EIP”.

Pas question pour autant de les marginaliser dans la prise en charge de leurs difficultés : “Il faut reconnaître l’enfant intellectuellement précoce dans sa différence, mettre en place un accompagnement personnalisé (projet personnalisé de réussite éducative, travaux personnels encadrés, tutorat…), mais surtout favoriser son intégration dans sa classe”.

Pour aménager correctement cet apprentissage, le rôle des parents est primordial : “Sans eux, on ne peut rien faire. Il faut qu’on connaisse l’environnement familial, l’histoire familiale. Si l’enfant aime apprendre, s’il aime savoir. Quel est son rapport à l’écrit ? Est-il intéressé par les sciences ou par la littérature ?” Autant de questions qui permettent ensuite une étude au cas par cas. Évidemment, les enseignants et personnels d’un établissement ont aussi un rôle déterminant. Dans le repérage, dans le soutien. La conférence qui est organisée aujourd’hui en fin d’après-midi au collège du Bosquet à Bagnols-sur-Cèze devrait leur donner quelques clés.